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Picasso, le géant de la Provence.



Picasso a aimé la Provence jusqu'à sa mort. La Provence l'aime encore en commémorant le cinquantième anniversaire de sa mort le 8 avril 1973.

À cette occasion, plusieurs communes de Provence où il a vécu depuis sa découverte de la région en avril 1912, organisent des manifestations ; parmi elles, la commune de Vallauris Golfe-Juan où il a peint, dessiné, sculpté, croisé de nouvelles techniques comme la céramique (ce qui prouve qu'il fut l'un des rares artistes à avoir consenti à l'édition multiple de ses œuvres puisqu'il déclara à André Malraux : "J'ai fait des assiettes, on peut manger dedans") et le gemmail.

Cette technique du gemmail est la moins connue et la plus originale dans l'œuvre du maître : c'est la contraction de deux mots "gemme" - pierre précieuse - et "émail" - liant utilisé pour les assembler - qui lui a donné ce nom.




Picasso découvre la toute nouvelle technique du gemmail en 1954 grâce à son ami Jean Cocteau (surnommé le Fou de la Couleur) qui l'emmène dans l'atelier d'Emmanuel Malherbe Navarre (surnommé le Fou de la Lumière).

Dans les années 1930, le peintre Jean Crotti a l'idée de superposer des éléments en verre pour obtenir des mélanges de couleurs, mais il ne dispose pas du procédé technique pour les fixer. Ami du physicien Emmanuel Malherbe-Navarre, il vient de réaliser les premières électrodes froides à "très haute intensité". Elles sont applicables à toutes les enceintes lumineuses et fluorescentes. Ce sont celles qui seront utilisées pour éclairer ses gemmes.

Picasso réalise les immenses possibilités de ce nouveau support qui lui permettra d'illuminer les chefs-d'œuvre de sa vie. Il décide donc de réaliser son premier gemmail "Femme dans un fauteuil en osier" en 1954. Séduit par la lumière, la matière et la transparence obtenue, il réalise ensuite son autoportrait "Yo", puis "Femmes d'Alger", dont il réalise en même temps des variantes.



C'est alors que Picasso, qui avec Malraux avait cherché par le cubisme à introduire le volume et une nouvelle perception de la forme dans la peinture, réalise l'importance, la nouveauté et la modernité de ce nouveau moyen d'expression ; il déclare avec enthousiasme "un nouvel art est né : les gemmaux" et décide de créer une soixantaine d'oeuvres, revisitant ainsi les tableaux qui lui sont les plus chers.


Braque, lui aussi à la recherche de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux, est naturellement séduit par le gemmage et réalise plusieurs œuvres. Il en est de même pour Rouault.



La composition d'un gemmail exigeait (cela ne semble pas avoir beaucoup changé aujourd'hui' ) que l'artiste dessine une esquisse au sol, puis monte sur une échelle et indique, en l'occurrence à Malherbe, comment placer les fragments de verre sur le motif car l'originalité du gemmail repose sur la superposition des fragments de verre. Leur épaisseur variable détermine le passage de la lumière et de la couleur. Le gemmail est en effet une œuvre en couleur, traversée par la lumière, et surtout en relief, contrairement au vitrail qui est un assemblage de verres colorés sur un même plan.



Une première exposition représentant une rétrospective de l'œuvre de Picasso est organisée en mars 1957 à la Grande Galerie du Faubourg Saint Honoré. L'événement fut un grand succès et plus de la moitié des œuvres furent acquises par de grands collectionneurs tels que : Raymond Loewy, Stanley Marcus, Nelson Rockefeller, le Prince Rainier de Monaco, la famille Rothschild, la famille Weisweiller, l'Empereur du Japon etc....

Aujourd'hui, on peut encore trouver quelques rares Picasso gemmail dans des ventes aux enchères ou chez des collectionneurs privés, pour des prix allant de 4 à 6 millions de dollars américains.


À noter : "Picasso Celebration. Direction Paul Smith" du 7 mars au 27 août 1923 - Musée National Picasso Paris

Droits réservés : " La Provence ".

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