Le peintre français Pierre Soulages, est mort à 102.



C'est en 1979 que Pierre Soulages, dont on a appris la mort mercredi, avait inventé l'outrenoir qui a fait beaucoup pour sa renommée mondiale. Mais c'est bien plus tôt, lors d'un voyage de classe, que l'enfant de Rodez avait déclaré : "L'art sera la chose la plus importante de ma vie".


Le maître du noir est mort. Pierre Soulages est mort à l'âge de 102 ans, dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 octobre. Une information annoncée par la mairie de Rodez (Aveyron) mercredi 26 octobre et qu'a pu se faire confirmer franceinfo. L'artiste à la renommée internationale est mort d'une insuffisance cardiaque à l'hôpital de Nîmes (Gard), a précisé à l'AFP Mohamed Kaoud, majordome des Soulages à Sète (Hérault) depuis vingt-sept ans.

Le père de l'outrenoir, l'une des figures majeures de l'art contemporain en France et dans le monde, a créé pendant plus de huit décennies. Il a travaillé jusqu'à la fin dans son atelier de Sète (Hérault).


"Enfant, je préférais tremper mes pinceaux dans l'encre noire plutôt que d'employer des couleurs. On m'a raconté que je faisais de grands traits noirs sur le papier. J'aurais répondu que je faisais de la neige", racontait Pierre Soulages en 2009, lors de la rétrospective organisée par Centre Pompidou pour ses 90 ans. Il rendait ainsi le blanc du papier plus blanc en mettant du noir.

Pierre Soulages a toujours aimé le noir : "Ce fut la couleur de mes vêtements dès que j'ai pu les choisir. Ma mère était outrée. Elle me disait : 'Tu veux déjà porter mon deuil ?'", racontait-il à l'AFP en février 2019. Et c'est en noir qu'il s'est marié en 1942 avec Colette, dont il a partagé la vie pendant près de 80 ans. En 1979, Pierre Soulages a commencé à ne mettre que du noir sur ses toiles, inventant ce qu'il a appelé l'outrenoir, un autre "champ mental que le noir".


Pierre Soulages est né en 1919 à Rodez, dans l'Aveyron. Son père, un carrossier qui fabrique des charrettes, meurt alors qu'il n'a que 7 ans. Il est élevé par sa mère et sa sœur plus âgée que lui. Enfant, il s'évade en fréquentant les artisans de son quartier. Il en gardera un goût pour les outils, utilisant des pinceaux de peintre en bâtiment ou fabriquant lui-même ses instruments.


Le choc de Conques

Lors d'un voyage de classe, il visite l'abbatiale romane de Conques. Un choc esthétique. "C'est là, je peux le dire, que tout jeune j'ai décidé que l'art serait la chose la plus importante de ma vie"

Il créera les vitraux pour l'abbatiale des années plus tard Il peint régulièrement à partir de 1934 et va à Paris à 18 ans pour préparer le concours de l'école des Beaux-Arts. Il est admis, mais trouve l'enseignement médiocre. Il décide de retourner à Rodez.

La période de la guerre est mouvementée : il est mobilisé en juin 1940, démobilisé début 1941, il étudie à l'école des Beaux-Arts de Montpellier, puis travaille dans un vignoble sous une fausse identité pour échapper au travail obligatoire en Allemagne.


La carrière de peintre de Pierre Soulages commence réellement quand il s'installe à Courbevoie, en banlieue parisienne, avec Colette, en 1946. D'emblée, ses œuvres sont abstraites. Il combine d'épaisses lignes verticales, horizontales, obliques, comme des idéogrammes. Il peint sur papier avec du brou de noix, sur des verres cassés avec du goudron.


Soulages, ce n'est pas que du noir. Au-delà de Conques, il a été impressionné par l'art pariétal, dans lequel il puise ses couleurs. Des couleurs sourdes, de l'ocre au noir en passant par le rouge ou des bruns plus ou moins soutenus.

A partir de 1951, Soulages pratique aussi la gravure, sur plaques de cuivre. Ses estampes de petite taille utilisent toutes ces couleurs, en contraste avec le noir. Il réalise plus tard des lithographies où il utilise des couleurs plus vives (rouge vermillon, jaune vif, bleu). Puis des sérigraphies (l'une d'elles est utilisée pour l'affiche du festival d'Avignon en 1996). Sur papier, il peint des gouaches où il introduit des bleus intenses et lumineux.


Dans ses peintures des années 1950-1970, il fait contraster des formes noires avec des fonds colorés, puis il fait apparaître les couleurs du fond en raclant le noir. Ou bien il fait contraster le noir avec le blanc.


Source : Valérie Oddos

France télévision rédaction culture.

Photo : Unidivers

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