L’Ecole de La Charité sur Loire.


Non ! L’Ecole de La Charité ne prétend pas à l’avant-garde, d’ailleurs, sa technique de prédilection – la traditionnelle tempéra – ne s’y prêterait guère. Il s’agit bien davantage pour ses quatre représentants de fabriquer de « belles images » et, pourquoi, même à l’heure de l’art contemporain, en auraient-ils honte ?

L’Ecole de La Charité nous montre les deux aspects fondamentaux de la peinture figurative, c’est-à-dire le premier, très minutieusement réaliste avec une préférence marquée pour les paysages enneigés d’hiver, un peu à la manière de Bruegel, et un autre, plus singulier, qui laisse place à l’imagination, voire la spiritualité.

En discutant avec Paul Schuss, artiste professionnel, bien représenté par une grande galerie parisienne « rive droite », j’ai été étonné de m’apercevoir du peu d’interaction et de reconnaissance entre les galeries rive-droite – rive-gauche et, pour simplifier, entre marché privé d’un côté et marché institutionnel de l’autre, entre peinture et non-peinture.



Paul Schuss qui connait pourtant des artistes comme Verlinde ou Di Maccio, avoue son ignorance de certains mouvements désormais reconnus et très présents dans les musées et les FRAC comme Support-surface. Ainsi, par exemple, il ne connait pas Claude Viallat ou encore moins son proche voisin nivernais de Pèteloup, près de La Charité, Claude Lévèque Juste retour des choses peut- être ? Puisque ces derniers ne connaissent certainement pas Paul Schuss.

Un notable déni de justice et de démocratie cependant demeure puisque lesdites institutions, autrement dit l’argent public, ne sert ou n’a servi jusqu’àlors qu’à acquérir essentiellement de la non-peinture.


André Kraemer écrivait en décembre 1966 à propose de l’exposition de Pierre Dancette et Michel Beszié à la Galerie 32, rue de l’Oratoire à Nevers :

« dès le premier coup d’œil, une impression s’imposait à l’esprit : celle d’avoir devant soi des œuvres, non pas de deux peintres, mais d’un seul. Même vue précise de la nature. Même souci de finesse dans une tendance et dans les formats évoquant l’art japonais Même goût de recherche. Une vue identique de la nature, dont tous les détails deviennent précieux et réclament d’être fixés comme dans un émail inaltérable. Cette communauté d’inspiration et de technique s’expliqu : Michel Beszié et Pierre Dancette sont tous deux, élèves de Drachkovitch. Tous deux sont Charitois et leur travail de nuit à l’hôpital psychiatrique permet d’établir des échanges d’idées débouchant sur un monde poétique commun. »



Bulletin du groupe, Eté 1967 – Visite de la 5ème exposition de printemps. « Je ne peux oublier l’Ecole de La Charité, l’Atelier Albert Drachkovitch- Thomas, qui nous offre l’incontestable attrait des peintres de la réalité avec Emma Beaussillon (à travers les vieux acacias), Michel Beszié( le vieux village ; le soleil couchant), Paul Schuss (le soir), Pierre Dancette semble se rapprocher plus de Franchi ou de Jean-Pierre Alaux. C’est donc ni satisfait, ni déçu que j’ai quitté la ChapelleSainte- Marie ». Maurice Rameau



Oui, voici l’ère du nivellement social, les dialectiques des spécialistes et des « intéressés » sont de connivence pour nous faire avaler perles et couleuvres.

Pestalozzi vaut bien Picasso…L’harmonie, la philharmonie !

Les critères demeurent flous comme dans la danse des Sept Voiles de Salomé, flous et extensibles à l’infini, et les raisons qu’on peut donner à une œuvre, d’être belle ou sans intérêt, sont interchangeables

Vous imaginez, alors, dans quel esprit doit travailler un peintre d’aujourd’hui ?

La dose de sollicitude et d’indifférence qu’il faut pour rester imperturbable, sa foi et l’immense humilité qu’il lui faut ?

Voici donc la Tour célèbre, toute d’ivoire : « bien faire et laisser dire » doit être la devise inscrite au paillasson de sa porte étroite !

Drachkovitch, le peintre, Editions De Belloire 2007



Tempera : la tempera ou détrempe à l’œuf désigne toute peinture dont le diluant est l’eau. Le liant peut être une gomme, une colle, du jaune d’œuf, de la caséine…

Cette technique utilisée jusqu’à la fin du XVème siècle fut supplanté par la peinture à l’huile.



Source : Marc Verat


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